Frédérique Lemarchand exposition Brantôme 2016
Je me consacre principalement à la peinture qui est, pour moi, une façon de rendre vivante la matière. L’écriture m’est venue ensuite, comme une extension évidente, pour recueillir l’éphémère et le transmettre à l’éternel. Toutes mes formes d’être au monde célèbrent le miracle qu’est la vie. Après mes échanges avec Annick De Souzenelle et Christian Bobin, je ressens la nécessité  impérieuse de témoigner sur ma vie vertigineuse et bouleversée: «Un éclair a suffi pour bloquer les portes du temps et être dans l’éternité. Intimité unique qui devient le chemin salvateur de tout mon parcours. A la lueur de Notre Dame de Lourdes du 11 février, deux âmes sont recousues à chaud. Donneur de Vie est comme mon petit frère Coeur-Poumons qui me tient par la main. Entre mon Sauveur et moi, il n’y a pas de distance : il y a de la liberté. C’est une concentration folle d’amour au firmament d’un bouche à bouche entre ciel et terre. Depuis que l’air s’est engouffré par la vitre cassée, j’épouse le mouvement subtil de la vie où être n’est plus simplement suivre l’écoulement d’une existence. C’est continuellement faire acte de foi. «Big» où le monde m’apparaît comme une vibration primitive, «Bang» élémentaire infiniment vivant, dans une seule gamme de lumière tenue en tout et partout. Je ne veux plus rien posséder car tout m’appartient et ma richesse intérieure est inouïe.
 Délivrée, je dois tellement que cette dette me rend libre. Hors du corps, hors de tout, de là où je ne peux craindre l’avenir car je suis dans l’unité, dans l’éternité; Or de moi, Or du temps, recevez ma vie complètement mise à nue en mon hymne à l’Âme Or. » Extrait de mon livre « Cantique du Cœur »

« … est un animal de peinture

qui se cache derrière ses pinceaux.

Caméléon du ciel et de ses toiles,

elle est verte quand on la croit bleue

elle est or quand on la croit noire.

Elle court, du silence de sa musique

à l’incertitude de sa vie.

Elle court d’une exposition à une aquarelle,

d’une toile symbolique à une peinture en direct.

Il ne faut retenir de cela que

les formes de son vol,

loin de la terre et de ses lourdes occupations,

loin de la brume d’un incertain lever de soleil.

C’est l’image exacte qu’on doit se faire de l’art,

une volupté d’un regard sans fin,

une lente descente vers les

profondeurs des âmes.

A force de jeter ses toiles,

elle se jette elle-même au bout du vide

et on la retrouve toujours intacte,

au milieu d’une couleur, à poursuivre sa route.

Frédérique Lemarchand est une artiste

et ce mot si simple résonne en nous

comme une évidence désespérée

de ceux qui franchissent toujours le gué. »

Texte de Max Eyrolle